Première nuit ratée

Vous avez pris un verre, ri sept fois et échangé un premier baiser. Jusqu’ici, tout allait bien. Puis est venue la première nuit… pas terrible. Et si le premier rapport sexuel n’était pas aussi déterminant qu’il en a l’air ? Se donner une deuxième chance est essentiel. Explications et décryptage avec Alexandra Hubin, sexologue.

Ça manquait de magie

Avant le grand saut, on craint une chose : ne pas être la hauteur. Ne pas être assez bien. Pire, ne pas être un « bon coup ». Nous avons le sentiment que le premier rapport sexuel orientera la suite de relation. Tu décroches ton droit d’entrée ou tu vas voir ailleurs. Arrêtons tout de suite de croire que « ça passe ou ça casse ». La pression que l’on se colle (je dois assurer) est négative : « Vouloir être au meilleur de soi-même est naturel, explique la sexologue Alexandra Hubin. Seulement, courir après la perfection en réfléchissant à ses gestes, ses caresses et son attitude, nous fait perdre en spontanéité. On n’est plus dans l’abandon et le laisser-aller, mais obnubilé par une feuille de route ». Durant le rapport, notre esprit est concentré à « bien faire » et se pose mille questions : par ici ? Comme ça ? Crier un peu plus fort ? Des interrogations qui prennent trop de place. Ce qui explique que le premier rapport ne soit pas des plus magiques.

On relativise : avec le temps, la pression ne peut que redescendre : on est de plus en plus à l’aise. Et puis, la pression n’est pas une fatalité. On peut ramener notre cerveau à l’instant présent. « Je recommande de s’appuyer sur la pleine conscience, c’est-à-dire de se focaliser sur les sensations, les odeurs, les sons », précise la sexologue.

C’était banal

Puisqu’on a peur de mal s’y prendre, de ne pas savoir donner ou recevoir, on a tendance à ne pas s’aventurer et à s’en tenir à des pratiques plutôt classiques. « C’est une bonne chose, commente la sexologue. La première fois, inutile d’aller trop loin et de tenter l’impossible. Partager un moment simple, en abordant des positions basiques, est une valeur sûre ». C’est humain : on ne va pas tenter de faire l’amour en poirier sur un coin de baignoire en appelant les impôts. Ce n’est pas tant que le stress inhibe, c’est qu’il nous protège. « Malheureusement, beaucoup de personnes sont déçues la première fois car elles s’imaginent que le sexe n’aura rien de fun », poursuit la spécialiste, qui ajoute que le premier rapport ne donne pas nécessairement le « la ». On pose ça là : qui, en sautant sur un vélo pour la première fois dans Paris, va foncer sur la place de l’Etoile ? Le sexe, c’est pareil, c’est du pas à pas. On ne sort pas tout de suite le grand jeu. Pour ça, on a le temps, besoin de se connaître et de se sentir en confiance.

On relativise : nous ne sommes qu’à l’aube de cette histoire ! Chaque rapport sexuel est une nouveauté. « Et puis, si on fait tout ce soir, que fera-t-on demain ?, questionne la sexologue. Avancer doucement est gage de plaisir et nous permet de nous projeter positivement ».

C’était maladroit

Baiser, préliminaires, pénétration, sexe oral… On a tenté des choses mais on doit dire que ce n’était pas très sensationnel. Une main mal placée, une caresse qui déplait plus qu’elle ne transporte… Que de maladresses et de petits ratages. Rien de grave sous le soleil : on ne sait pas (encore) ce que l’autre aime ou n’aime pas. Nous avons tous nos préférences et nos petites particularités. « Deux corps s’apprivoisent avec le temps, précise la sexologue Alexandra Hubin. Lorsque que nous faisons l’amour et que nous nous connectons l’un à l’autre, nous entrons dans une bulle. Une bulle que nous explorons rapport après rapport ». Sans oublier que nous débarquons tous dans une relation avec nos bagages du passé. Peut-être que oui, notre ex aimait qu’on lui morde l’oreille. Mais peut-être que notre partenaire actuel déteste ça.

On relativise : ce n’est pas parce qu’une caresse n’était pas super qu’on s’apprête à la supporter toute sa vie. « Une sexualité épanouie exige que l’on communique. L’autre ne peut pas nous deviner en un rapport et en silence. Pourquoi ne pas le guider en douceur ? », avance la sexologue. Tout comme on espère que l’autre nous guide. Après tout, on est là pour se faire du bien.

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